Mardi 20 avril 2010
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Ah… les beaux discours des professeurs qui réclament un travail quotidien. Et oui…
Et tous ces parents qui pensent qu’il faut travailler pour faire plaisir au professeur, pour réussir l’examen de fin
d’année, ou le concours de mi année. Que tout ce qui intéresse le professeur de musique c’est l’avancement de son élève dans son domaine instrumental. Car le pire pour un parent est d’avoir la
réalité de «l’échec » de son enfant. Mais ce que cherche l’enseignant artistique, c’est avant tout un développement global de l’enfant. Car rien n’avance tout seul. L’enfant est un tout et
il se construit aussi à travers la musique. Et plus il avance personnellement, plus il avance musicalement.
Que l’enfant travaille ou non, dans tous les cas, le salaire de l’enseignant sera le même au bout du mois ! Alors
arrêtons de faire semblant, et si le professeur est un peu investi et un peu égoïste, la priorité pour lui est de faire progresser ses élèves. Car la plus grande fierté humaine est de voir que
l’on a partagé quelque chose avec quelqu’un et que l’on s’est enrichi mutuellement grâce à notre savoir individuel. Si l’enfant ne vient pas apprendre quelque chose, il
perd son temps. Et s’il ne se soumet pas un minimum à l’expérience du professionnel qui est en face de lui, c’est qu’il n’a rien à faire dans son cours de musique.
Il ne faut surtout pas perdre de vue qu’un enseignant est là pour donner tout ce qu’il sait. Il ouvre son expérience,
ses sensations, son apprentissage à ceux qui viennent dans sa classe. Et ne pas écouter cela, ne pas le prendre en compte, est complètement absurde. On ne pose pas une question à quelqu’un si on
n’écoute pas la réponse. Ne pas appliquer au quotidien ce que demande le professeur revient à nier son investissement.
Le professeur n’est pas un magicien. Il va juste montrer les voies du progrès, de l’effort, de l’indépendance, de
l’autonomie, du travail, de la rigueur, de l’estime de soi, de l’initiative, de la réflexion, du respect, de l’écoute, de la musicalité. Et si le savoir et l’expérience d’un professeur ne
colle pas à votre vision de la vie, il ne faut surtout pas insister. Vous devez puiser le maximum de ce professeur et profiter de son partage musical pour avancer. Si vous sentez que celui-ci ne
vous apporte rien, partez !!! On n’est pas obligé d’aimer tout le monde ou d’être aimé par tout le monde. On a la chance en musique de pouvoir choisir son enseignant, il faut en
profiter !
Quand on s’inscrit en cours d’instrument c’est parce que l’on veut apprendre cet instrument. Mais une fois qu’on y est,
on perd cette idée principale car l’exigence du travail quotidien de cet art vient prendre le dessus sur l’objectif premier. Lorsque l’on inscrit son enfant à la musique c’est ou
sur la demande de ce dernier ou par choix parentale. Dans le premier cas il ne faut surtout pas estimer que l’enfant n’aura pas besoin de l’accompagnement journalier de ses parents pour
poursuivre son objectif premier, cela reviendrait à déserter son travail parental. Dans le second cas, aux parents d’assumer leur choix.
Mais bon, c’est facile pour un professeur de réclamer ce travail quotidien. Il ne sait pas, lui, ce que c’est que
d’avoir des enfants. D’ailleurs, il n’en a pas forcément. Raison de plus pour ne pas se rendre compte de la réalité d’un quotidien.
Sauf qu’il ne faudrait peut-être pas confondre avoir des enfants et s’occuper d’enfants. Les attentes, les contraintes,
les exigences ne sont pas les mêmes. Les rôles sont complémentaires. Et ce professeur n’est pas né adulte et musicien. Il a été enfant comme tout le monde. Il est passé par le même chemin que
celui qu’il montre à ses élèves. Et il a côtoyé un nombre important d’enfants, venant de différents milieux sociaux, de différentes cultures, de différentes fratries, … Il a l’Expérience en plus
des diplômes… De plus, il a lui-même suivi un enseignement artistique en parallèle de sa scolarité. Et il sait que c’est possible sinon, il ne se lèverait pas le matin pour retrouver ses
élèves…
Mais on veut que notre enfant fasse de la musique alors c’est pour ça qu’on l’a inscrit à l’association. Que peut-on
faire de plus ?
Et bien lui faire faire de la musique au quotidien!
Mais comment ? En intégrant la musique dans sa vie journalière. Tout comme on a introduit la lecture par exemple –
l’histoire du soir peut venir après « le concert » du soir – il y a du travail musical à faire sans instrument qui peut se faire à plusieurs moments de la journée. On peut réviser une
leçon en allant à l’école, on peut aussi apprendre sa partition. On peut doigter une partition « en muet » - Il faut parfois être inventif et créatif ! Apprendre les conjugaisons
ou apprendre l’ordre des dièses et des bémols. La place des ½ tons par exemple peut s’apprendre en jouant avec les marches d’un escalier pour visualiser ces intervalles.
Car si on fait un rapide calcul, un enfant qui prend 20mn de cours par semaine aura fait 11h d’instrument dans l’année.
Croyez-vous vraiment qu’avec 11h d’instrument, même dirigé par un professionnel, on apprend à jouer d’un instrument ?
C’est vrai qu’en y réfléchissant… C’est peut être un peu juste, en effet.
Mais pourquoi cette Bourrée a si mal sonné ?
Oui, mais c’est ingérable dans un quotidien ! L’école, les devoirs, le bain, les repas, les sorties, le sport, les
amis…
Ah… Et bien tant pis alors. Dommage, l’enfant aimait ça mais avait juste besoin d’un peu
d’aide au quotidien. Après tout, c’est normal, c’est un enfant. A nous, adulte, de lui donner le maximum pour qu’il en profite au
mieux.